Vidéo en ligne : étude d’une convergence

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Un article de Fred Cavazza traitant des innovations d’usage m’a amené à me replonger dans mon vieux mémoire de DESS, datant de 1998, pour y trouver des références sur la notion d’ usages.

C’est avec un mélange de nostalgie, de bienveillance amusée sur certains points, de fierté sur d’autres  que, 17 ans plus tard, je relie ces mots…

« L’objet technique, nous dit Yves Deforges, remplit toujours une fonction d’usage et une fonction de signe. L’ordinateur remplit ces deux fonctions. Il est le signe extérieur d’appartenance à la cyberculture. Mais qu’est ce qu’un ordinateur ? Ma montre est un ordinateur, ma calculatrice est un ordinateur, mon magnétoscope est un ordinateur. Je ne pense pas que les choses soient aussi simples. Un ordinateur, c’est un clavier, une souris, un écran et des composants électroniques, un processeur, un disque dur, une carte graphique. Ce sont tous ces éléments qui composent « l’objet ordinateur » qui permet d’accéder à l’Internet. D’ailleurs l’objet qui, actuellement répond le plus exactement à cette définition, et qui relance la société qui le commercialise, c’est le IMac d’Apple. Ordinateur réduit à sa plus simple expression, il est devenu transparent. L’absence d’unité centrale le rend certes beaucoup plus pratique à intégrer dans un foyer ou dans un bureau, mais cette absence se devait d’être compensée par une présentation visuelle des composants. Puisque l’unité centrale n’était plus là pour nous rappeler qu’il s’agit bien d’un ordinateur, il fallait dévoiler aux yeux de tous le ventre de la bête.

Dans « La logique de l’usage », Jacques Perriault évoque les expériences menées dans l’introduction de l’informatique à l’école. Les réactions des enfants ont montré que l’ordinateur avait une épaisseur, alors qu’on le croyait transparent. Ce qui est valable pour les enfants l’est pour les adultes : l’objet ordinateur est intégré à la cyberculture L’ordinateur, comme l’automobile, a dépassé le stade de l’utilitaire (en fait l’automobile n’a sans doute jamais connu un stade purement fonctionnel ). Les analogies entre les deux objets sont d’ailleurs assez frappantes : on y retrouve une fascination commune pour la puissance, on compare les lignes et chaque détail du
moteur ou de la carrosserie. Et les rapports entre les consommateurs et les vendeurs sont sensiblement les mêmes : il est aussi difficile de trouver un assembleur qu’un garagiste honnête et compétent… En bref, l’ordinateur tend à devenir un objet de prestige social, indépendamment de son utilité propre. Le marché n’est pas prêt de s’effondrer, d’autant plus que les prix continuent de chuter. Bientôt, le problème du prix de l’ordinateur, qui représente son principal handicap dans le combat face à la télévision n’en sera plus vraiment un.

Il est logique de penser que les terminaux vont se multiplier, terminaux aux fonctions multiple, mais eux mêmes présents dans tous les lieux de notre vie.

Enfin et c’est le plus important, si l’enrichissement de la télévision ne modifie pas radicalement l’approche du médium audiovisuel, l’arrivée de la vidéo on-line va produire un véritable changement dans notre rapport à la diffusion vidéo. Pour reprendre une terminologie systémique, la TV on-line introduit un changement d’ordre 2 par rapport à la télévision. Mais pas par rapport à l’Internet. Le « système Internet » est suffisamment vaste et apte à recevoir des nouveaux usages qui s’inscrivent dans sa logique. La vidéo on-line n’introduit qu’un changement d’ordre 1 au sein du réseau. »

L’intégralité du mémoire sur la vidéo en ligne de 32 pages est accessible ici.

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